Naître en Languedoc Roussillon

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Périnatalité et addictions

Depuis 2008, le réseau périnatal intervient sur la thématique des addictions. Ce projet a été initié en partant du constat que les femmes enceintes consommatrices de substances psychoactives tout comme les professionnels de la périnatalité avaient des besoins spécifiques et relativement bien identifiés.

Les femmes enceintes consommatrices de substances psychoactives veulent être de bonnes mères, ont honte de ces consommations et les cachent aux professionnels de santé bien souvent dans la peur qu’on leur « prennent leur bébé ». Elles souhaitent être accueillies comme toutes les femmes enceintes, sans être jugées, et conserver une certaine maitrise sur leur prise en charge.

 

Les professionnels de la santé périnatale sont tous amenés à suivre des femmes enceintes qui consomment, bien souvent sans le savoir. Il leur est difficile d’aborder les consommations d’alcool et de drogues avec les femmes enceintes du fait d’une méconnaissance des risques pour la femme et le futur enfant et des solutions de prise en charge à proposer.

Le réseau a donc démarré ce projet par la mise en place d’un comité de pilotage régional (Consultez sa composition) et la réalisation d’un état des lieux des ressources existantes et des besoins en 2009 (Consultez l’état des lieux). Depuis, le réseau suit régulièrement l’évolution des principaux indicateurs de repérage des conduites addictives (Consultez les indicateurs).

Le projet est coordonné par Corinne Chanal, sage-femme référente « périnatalité et addictions » et a pour objectifs :

  • Sensibiliser les femmes aux risques induits par les conduites addictives
  • Améliorer le repérage des consommations de substances psychoactives chez les femmes enceintes
  • Harmoniser les pratiques régionales
  • Renforcer la collaboration entre professionnels de la périnatalité et ceux du champ des addictions

Sensibilisation des femmes enceintes

Le réseau contribue à la sensibilisation des femmes enceintes en diffusant régulièrement deux documents d’information :

  • Une plaquette d’information sur les risques de la consommation de tabac pendant la grossesse, imprimé avec le soutien de la Ligue contre le cancer
  • Une plaquette d’information sur les risques de la consommation d’alcool pendant la grossesse

Ces documents sont transmis à toutes les femmes enceintes de la région via la CPAM, les conseils généraux, les professionnels ou les établissements.

Création d’outils pratiques pour les professionnels

Le comité de pilotage développe et met à jour régulièrement des référentiels, fiches techniques et fiches de transmission.

L’annuaire du réseau recense également l’ensemble des acteurs du champ périnatalité et addictions dans la région.

Appui aux dynamiques locales

Depuis le lancement du projet, le réseau est intervenu dans chaque bassin de naissance de la région pour initier ou accompagner des réseaux locaux de professionnels de santé sur la thématique périnatalité et addictions (organisation de rencontres locales, de formation et de reprises de situations). Ce travail concourt à l’implication de professionnels de terrain pour une amélioration de la coordination pluridisciplinaire des prises en charge. Dans les bassins de naissance où une dynamique importante est à l’œuvre, les acteurs locaux organisent eux-mêmes des formations et rencontres de réseau de proximité spécifiques avec, s’ils le demandent, un soutien technique et une participation du réseau.

Depuis 2012, chaque réseau local a intégré un nouvel acteur pivot : une sage-femme référente vulnérabilités et addictions qui exerce le plus souvent au sein de la maternité publique du bassin de naissances. Ces postes sont financées par l’Agence régionale de la santé (ARS), ils ont été mis en place dans le cadre du projet d’expérimentation d’un auto-questionnaire de repérage des conduites addictives en maternité financé par la Direction générale de la santé (DGS).

Auto-questionnaire de repérage et sages-femmes référentes vulnérabilité et addictions

Un auto-questionnaire de repérage a donc été expérimenté dans presque toutes les maternités publiques entre mars et septembre 2012. Il était distribué en salle d’attente de maternité par les secrétaires à toutes les femmes enceintes venant consulter pour la 1ere fois quel que soit leur terme. Les femmes enceintes vulnérables repérées précocement devaient bénéficier d’un premier entretien à la maternité avec la sage-femme référente. Si des facteurs de risques étaient confirmés, cet un suivi en alternance sage-femme référente/gynécologue-obstétricien et des orientations spécifiques devaient être mis en place.

Consultez l’organigramme de prise en charge des patientes

Le projet a été évalué à partir de données quantitatives (Réponses à l’auto-questionnaire, Données issues du DCPI et des rapports d’activité des sages-femmes référentes) et qualitatives (entretien de groupe avec les équipes de chaque maternité).

Conclusions de l’évaluation
  • La combinaison de l'auto-questionnaire et du poste de sage-femme référente a nettement contribué à améliorer le repérage des vulnérabilités et des addictions pendant la grossesse
  • Des progrès importants dans l'implication des consultants des maternités ont été observés
  • La plupart des patientes repérées a eu accès à des soins en addictologie via la sage-femme référente et les rapprochements opérés entre maternité et services d'addictologie
  • La sage-femme référente est bien identifiée comme le professionnel pivot de chaque établissement pour les femmes vulnérables et les différents professionnels intervenant

Consultez le diaporama de synthèse

Suite à ce projet, les postes de sages-femmes référentes ont été maintenus et leur rôle a été précisé : coordination de la prise en charge des patientes, personnes ressources pour les équipes de maternité. Pour les soutenir, le réseau organise chaque année deux journées régionales d’échanges de pratiques et Corinne Chanal met à leur disposition son expertise en répondant régulièrement à leurs sollicitations. Près d’une maternité publique sur deux a maintenu l’utilisation de l’auto-questionnaire, mais de manière moins systématique. L’auto-questionnaire a également été révisé au niveau national dans le cadre du Groupe d’études grossesse et addictions (GEGA).

Téléchargez l’auto-questionnaire